Guide · Photovoltaïque
Comment détecter une production nulle sans fausse alerte ?
En bref Un onduleur se tait la nuit : l’alerte de production nulle ne vaut que lorsque le soleil dépasse 15° au-dessus de l’horizon, après un délai réglé par centrale. On juge donc la production en plein jour, et l’on écarte ce qui n’est pas une panne : maintenance déclarée, portail en panne, mesures absentes.
Données citées dans ce guide

Pourquoi la nuit trompe un outil
Une production à zéro de 21 h à 6 h est normale. Un outil qui alerte sur « 0 W » réveille quelqu’un chaque soir, puis finit par n’être plus lu : le jour où une panne arrive, l’alerte se noie dans le bruit.
La hauteur du soleil, pas l’heure
La nuit commence plus tôt l’hiver, plus tard l’été, et change avec la latitude : une heure fixe se trompe. Supervise.energy calcule la hauteur du soleil à l’emplacement de chaque centrale, et ne juge la production qu’au-dessus de 15° de l’horizon.
À 45° de latitude, le 21 juin, le soleil dépasse 15° de 7 h 40 à 19 h 50, heure d’été de Paris. Le 21 décembre, la fenêtre ne dure que de 10 h 30 à 14 h 55, heure d’hiver.
Le délai de confirmation
Quelques minutes à zéro en plein jour peuvent être un nuage épais ou un redémarrage. L’alerte attend que toutes les mesures du délai réglé pour la centrale soient à zéro, ou sous un seuil très bas de sa puissance installée, sur une période continue.
Avec un délai de 60 minutes et des mesures de 15 minutes, il faut quatre mesures consécutives. Si ces mesures sont trop espacées, de plus d’une heure au-delà du délai, le verdict est indéterminé : on ne conclut pas sur du vide.
Ce qui n’est pas une panne
Une maintenance déclarée
L’alerte de la centrale ou de l’équipement concerné est suspendue.
Une panne du portail du fabricant
Quand le portail tombe pour tout le monde, ce n’est pas la centrale : aucune production nulle n’est jugée sans mesure, l’alerte « pas de données » est suspendue et l’état « Portail indisponible » s’affiche.
Des mesures absentes ou trop anciennes
Sans mesure fraîche, le verdict est indéterminé : il ne déclenche rien et ne rétablit rien.
Une source qui ne mesure que l’injection
Quand seul le compteur remonte, une injection nulle peut venir de la consommation : aucun verdict de production.
L’arbre de décision
Voici, dans l’ordre, les six questions que Supervise.energy se pose avant d’ouvrir une alerte de production nulle.
La production est-elle nulle ?
Non : rien à signaler.
Le soleil dépasse-t-il 15° ?
Non : la nuit, ce n’est pas une panne. Rien n’est jugé.
Y a-t-il des mesures fraîches ?
Non : absence de données. Un portail en panne ou un onduleur muet n’est pas une production nulle : le verdict reste indéterminé.
Une maintenance est-elle déclarée sur la centrale ou l’équipement ?
Oui : alerte suspendue.
Le délai de confirmation de la centrale est-il écoulé ?
Non : on attend.
Alerte : production nulle
Production nulle, soleil au-dessus de 15°, mesures fraîches, rien de déclaré, délai écoulé : l’alerte s’ouvre, avec la perte estimée.
Quand la production est faible, mais pas nulle
Une centrale qui produit trop peu n’est pas en production nulle : c’est une sous-production. Elle se juge sur la journée, face à l’énergie qu’aurait dû donner l’irradiation mesurée par satellite par Copernicus CAMS, qui arrive avec un à deux jours de retard. Le modèle Météo-France AROME couvre la veille et le jour même en attendant la mesure ; il ne sert pas à juger.
Par défaut, un avertissement part quand l’énergie reste 20 % sous l’attendu pendant deux jours mesurés de suite ; ces deux seuils se règlent centrale par centrale.
Copernicus CAMS
Irradiation mesurée par satellite, heure par heure, sur le site de chaque centrale
Météo-France AROME
Rayonnement horaire de la veille et du jour ; vent à 100 m pour l’éolien
À retenir
Une production nulle ne se juge que soleil haut : au-dessus de 15°, calculé pour l’emplacement de chaque centrale.
L’alerte attend que toutes les mesures du délai soient à zéro : un nuage n’ouvre rien.
Maintenance déclarée, portail en panne, mesures absentes : rien de cela n’est une panne de la centrale.
Un exemple chiffré
Exemple simulé
Exemple simulé : une centrale photovoltaïque avec un délai de confirmation de 60 minutes. Le 21 juin à 9 h, le soleil est à 29° au-dessus de l’horizon. Quatre mesures consécutives de 15 minutes à zéro, prises soleil haut, atteignent le délai : l’alerte s’ouvre. Le même jour à 20 h 15, le soleil est sous 15° : une centrale à zéro n’ouvre rien.
La perte est estimée d’après la production moyenne de la centrale aux mêmes heures des sept derniers jours, multipliée par la durée de l’arrêt.
Ce que fait Supervise.energy
L’alerte est une par problème : elle entre dans la file selon le réglage de l’organisation et prévient les personnes que la règle d’envoi désigne. Elle se rétablit après 30 minutes de mesures fraîches. Le délai de confirmation se règle centrale par centrale.
Supervise.energy <notifications@supervise.energy>
Alerte

Sources
- Position du soleil : formules simplifiées de l’almanach astronomique — approximation utilisée par Supervise.energy, précision d’environ 0,5°
Copernicus CAMS Radiation Service — irradiation mesurée par satellite
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