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Guide · Hydroélectricité

Un outil de supervision solaire suffit-il pour une centrale hydro ?

Par Thibaut Roux, Fondateur d’Algomind · Publié le · Mis à jour le · Relu par un exploitant le · 3 min de lecture

En bref Non : l’hydro se juge avec le débit de la rivière, l’état des groupes et la prise d’eau, pas avec le soleil. Un outil conçu pour le solaire ne verra pas un arrêt de nuit, ou alertera à chaque étiage, et ne lit pas un automate hydro. Il faut des règles propres à la filière.

Données citées dans ce guide

Ce que Supervise.energy lit dans une centrale hydroDe la rivière au réseau : prise d’eau, conduite forcée, groupe turbine-alternateur. Tout cela est piloté par l’automate de l’intégrateur, hors de Supervise.energy. Supervise.energy lit seulement, en lecture seule, quatre points : le débit de la rivière, le niveau à la prise d’eau et la pression de la conduite, la puissance, l’état, l’ouverture et les températures des groupes, et l’injection comptée par Enedis.Piloté par l’automate de l’intégrateur : hors de Supervise.energyRivièrePrise d’eauConduite forcéeGroupeturbine-alternateurRéseauLu par Supervise.energy, en lecture seuledébit(station Hub’Eau)niveau,pression de la conduitepuissance, état des groupes,ouverture, températures(via le Grafana de l’intégrateur)injection comptée(Enedis)
  • Rivière : débit (station Hub’Eau)
  • Prise d’eau : niveau, pression de la conduite
  • Groupes : puissance, état, ouverture, températures
  • Réseau : injection comptée (Enedis)
Supervise.energy lit ces quatre points en lecture seule ; la chaîne mécanique reste commandée par l’automate de l’intégrateur.

Ce qu’un outil solaire sait lire

Un outil de supervision solaire lit des onduleurs, compare la production à l’ensoleillement et ne juge une production nulle que le soleil levé. C’est exactement ce qu’il faut pour des panneaux.

Ce que l’hydro demande

  • Le débit de la rivière

    La turbine ne tourne que si la rivière lui donne assez d’eau : le débit explique la production.

  • L’état des groupes et de la prise d’eau

    Une centrale hydro a des groupes turbine-alternateur et une prise d’eau, avec leurs états.

  • Une production à toute heure

    Une turbine tourne jour et nuit : un arrêt de 2 h du matin compte autant qu’un arrêt de midi.

Étiage et crue

À l’étiage, l’arrêt est attendu ; en crue, la vigilance de la rivière change la donne. Un outil sans notion de débit ne fait pas la différence entre un arrêt normal et une panne.

Supervise.energy lit la vigilance crue de Vigicrues pour le tronçon de chaque centrale et la signale par notification, sans changer l’état de la centrale.

Les fausses alertes typiques

  • Réglé sur le soleil, il rate la nuit

    Il ne juge la production que soleil haut : une turbine arrêtée à 2 h du matin reste invisible jusqu’au lever du soleil.

  • Réglé pour toute heure, il alerte à chaque étiage

    Sans débit de référence, une rivière basse produit une production nulle chaque jour, donc une alerte chaque jour.

  • Il ne lit pas l’automate

    Sans lecture de l’état des groupes, il ne dit rien du groupe qui a décroché.

À retenir

  1. Une turbine tourne jour et nuit : une production nulle compte à toute heure.

  2. Le débit de la rivière explique l’arrêt : à l’étiage, l’alerte de production nulle est suspendue.

  3. L’état des groupes et de la prise d’eau se lit dans la supervision de l’intégrateur, en lecture seule.

Un exemple chiffré

Exemple simulé

Exemple simulé : une turbine de 400 kW s’arrête à 2 h du matin, le 20 septembre. À 45° de latitude, le soleil ne dépasse 15° qu’à partir de 9 h, heure d’été de Paris. Un outil réglé sur le soleil ne jugerait donc rien avant 9 h : sept heures d’arrêt, soit jusqu’à 2 800 kWh non produits à pleine puissance, découverts seulement en fin de matinée.

Avec une règle propre à l’hydro, l’alerte part dès que le délai de confirmation est écoulé, nuit comprise, sauf si le débit de la rivière explique l’arrêt.

Deux règles, une nuitLe 20 septembre, une turbine de 400 kW s’arrête à 2 h 00. Jugée avec la règle de l’hydro, toute heure, l’alerte part à 2 h 45. Jugée avec la règle du solaire, rien n’est jugé avant que le soleil dépasse 15°, à 9 h 00 : l’alerte ne part qu’à 9 h 45. 7 heures sans jugement, soit jusqu’à 2 800 kWh non produits. Exemple simulé.Puissance de la turbine (kW), le 20 septembre0 h2 h4 h6 h8 h10 h12 harrêt à 2 h 00Règle de l’hydro : chaque heure comptealerte à 2 h 45Règle du solaire : seulement soleil au-dessus de 15°nuit et soleil bas : rien n’est jugéalerte à 9 h 457 h sans jugement : jusqu’à 2 800 kWh non produitsDeux règles, une nuitLe 20 septembre, une turbine de 400 kW s’arrête à 2 h 00. Jugée avec la règle de l’hydro, toute heure, l’alerte part à 2 h 45. Jugée avec la règle du solaire, rien n’est jugé avant que le soleil dépasse 15°, à 9 h 00 : l’alerte ne part qu’à 9 h 45. 7 heures sans jugement, soit jusqu’à 2 800 kWh non produits. Exemple simulé.Puissance de la turbine (kW), le 20 septembre0 h3 h6 h9 h12 harrêt à 2 h 00Règle de l’hydroalerte à 2 h 45Règle du solairerien n’est jugéalerte à 9 h 457 h sans jugement : jusqu’à 2 800 kWh non produits
Exemple simulé : les mêmes mesures, jugées par la règle de l’hydro et par celle du solaire.

Ce que fait Supervise.energy

Supervise.energy applique à chaque filière sa règle : le soleil pour le photovoltaïque, toute heure pour l’hydro avec l’étiage qui suspend l’alerte, le vent pour l’éolien. Pour l’hydro, il lit la puissance, les groupes et la prise d’eau par la supervision de votre intégrateur, en lecture seule, et le débit de la rivière par Hub’Eau.

Fiche d’une centrale hydroélectrique en étiage : production à l’arrêt sur la courbe du jour et débit de la rivière sous le seuil d’étiage

Sources

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